En plein hiver parisien, la situation de près de 300 mineurs isolés est alarmante. Malgré un épisode de froid glacial et des chutes de neige importantes, ces jeunes se retrouvent contraints de vivre dans des conditions précaires, dormant dans des tentes à même la rue, en dépit de l'activation du plan Grand Froid par les autorités. Cette crise humanitaire met en lumière les défaillances des dispositifs d'hébergement d'urgence et la complexité de leur statut juridique, qui les laisse souvent dans une impasse administrative.
Le 5 janvier 2026, alors que Paris était sous le coup d'une alerte orange en raison d'une tempête de neige et de températures ressenties atteignant -6°C, l'association Utopia 56 a révélé l'ampleur de la crise en diffusant une vidéo choquante. Les images montraient un campement de tentes, partiellement enseveli sous la neige, situé à quelques encablures de l'Hôtel de Ville. Ces abris sommaires hébergeaient environ 300 mineurs, démunis de toute proposition d'hébergement de la part de la Mairie de Paris, de la Préfecture, ou de l'État. La tempête Goretti, qui balayait alors la capitale, a exacerbé la vulnérabilité de ces jeunes, dont beaucoup ont exprimé souffrir d'un froid insupportable, les empêchant même de se déplacer pour se nourrir.
La situation de ces mineurs est rendue particulièrement complexe par leur statut juridique. L'équipe d'Utopia 56 explique qu'il s'agit majoritairement de jeunes dont la minorité a été contestée après une évaluation départementale. Durant la période où ils contestent cette décision devant la justice, ils se retrouvent sans aucune prise en charge institutionnelle. Cet "entre-deux juridique" les prive de l'accès aux dispositifs d'hébergement d'urgence, même dans des conditions climatiques extrêmes, malgré l'existence du plan Grand Froid censé protéger les personnes vulnérables.
L'inaction des pouvoirs publics face à cette situation soulève de vives critiques. Utopia 56, après de multiples sollicitations auprès de l'État et de la Mairie de Paris, a rapporté qu'environ la moitié de ces mineurs avaient finalement été mis à l'abri, mais que certains d'entre eux avaient déjà été remis à la rue. Cette instabilité rappelle l'occupation de la Gaîté Lyrique l'hiver précédent par des mineurs isolés, contraints de réquisitionner un établissement public pour échapper au froid en l'absence de solutions officielles. Les bénévoles déplorent l'indifférence des autorités, soulignant que cette situation est d'autant plus inacceptable au vu du nombre élevé de logements vacants à Paris et du fait que 912 personnes ont trouvé la mort dans la rue en France en 2024.
En conclusion, la présence de centaines de mineurs isolés dormant dans la rue en plein hiver parisien, malgré les alertes météorologiques et les dispositifs d'urgence, met en lumière un échec collectif. Cette crise humanitaire révèle les limites des systèmes d'accueil et la nécessité d'une révision profonde des procédures d'évaluation et de prise en charge, afin de garantir la protection des jeunes les plus vulnérables et d'éviter que de telles situations ne se reproduisent.