Construire l'avenir : l'expertise en études, un pilier pour l'évolution du BTP
Le rôle croissant de la fonction études dans le BTP
Depuis une analyse précédente en 2018, l'Observatoire des métiers du BTP a noté une expansion remarquable des exigences dans le domaine des études. Ces rôles sont devenus fondamentaux pour garantir la maîtrise technique et la viabilité économique des projets, mais ils se heurtent aujourd'hui à des obstacles importants en matière de personnel et de développement des compétences. Cette catégorie, qui comprend environ 92 000 employés, englobe toutes les activités liées à la conception des plans, à l'établissement des devis, à la définition des solutions techniques et à la planification de l'exécution des chantiers.
La répartition des emplois d'études entre le bâtiment et les travaux publics
Plus précisément, dans le secteur du bâtiment, 5,2 % des employés, soit 58 320 personnes, occupent des postes dans les métiers d'études. Dans les travaux publics, ce chiffre atteint 10,2 % des effectifs, représentant 33 700 personnes. L'Observatoire des métiers du BTP attribue la prépondérance de ces fonctions à quatre facteurs essentiels. Tout d'abord, la taille de l'entreprise joue un rôle crucial : les structures de plus de 20 salariés possèdent systématiquement des experts en études, et au-delà de 10 salariés, la majorité intègre ces postes. Ensuite, le type d'activité est déterminant, les travaux de second œuvre technique et de gros œuvre étant plus gourmands en études que le second œuvre général. L'appartenance à un groupe est également un indicateur : 21 % des entreprises ayant ces compétences font partie d'un groupe, tandis que 98 % de celles qui n'en ont pas sont indépendantes. Enfin, la localisation géographique influence cette répartition, 47 % des entreprises employant des spécialistes en études se trouvant en milieu urbain, contre 53 % en zone rurale, inversant la tendance pour les entreprises sans ces fonctions.
Les défis du recrutement et de la formation face aux nouvelles exigences
Face à ces dynamiques diverses, l'Observatoire des métiers du BTP prévoit un besoin annuel de 3 500 nouveaux professionnels dans ces domaines pour les cinq prochaines années, dont 2 200 dans le bâtiment et 1 260 dans les travaux publics. Cette demande croissante est alimentée par plusieurs facteurs, tels que l'adaptation nécessaire aux défis du changement climatique, l'expansion du marché de la rénovation, et l'évolution constante des régulations qui exigent une amélioration continue des compétences. Les auteurs de l'étude soulignent également les difficultés de recrutement dues au manque de formations spécifiques aux travaux publics pour les profils Bac +5. Pour le secteur du bâtiment, une nette préférence des entreprises pour les profils Bac +3 est observée, ceux-ci étant considérés comme mieux préparés à la complexité croissante des projets, contrairement au Bac +2 jugé suffisant par le passé.